
Hervé, 14 ans, est un ado moyen débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, qui vit seul avec sa mère. Au collège, il s'en sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l'une des plus jolies filles de sa classe. Entouré par une galerie de personnages croustillants et pas piqués des hannetons, Hervé tente de grandir dans ce petit monde en perpétuelle mutation.

Pour son premier long métrage, le dessinateur et désormais réalisateur Riad Sattouf signe un film d'ados à nulle autre pareil. Un passage sur grand écran qui s'inscrit pleinement dans la veine de ses truculents romans graphiques qui n'ont de cesse de raconter sa fascination pour la jeunesse boutonneuse et paumée. Et si Les Beaux gosses a des airs d'American Pie made in France, c'est avant tout un film intelligent et sensible qui, derrière le paravent de l'humour, trouve le ton juste pour mieux raconter l'âge ingrat. Autrement plus cru et authentique que ses homologues d'outre-Atlantique, brillamment emmené par une distribution impeccable (Vincent Lacoste, Anthony Sonigo et Alice Tremolières en tête), cette comédie n'élude rien, filmant roulages de pelles et séances masturbatoires avec une sincérité attachante. Une oeuvre déjà culte !